« Schopenhauer, Kierkegaard et Nietzsche : le premier est célèbre pour son pessimisme, le deuxième pour son christianisme, et le troisième pour sa critique radicale des deux premiers. » Ainsi parla (ou plutôt écrivit) l’incontournable Luc Ferry, dans Le Point, Hors-série n° 15, 9/10 2007 p. 7. Mais pourtant nul n'ignore que Nietzsche
critiqua certes « radicalement » la religion chrétienne et le pessimisme de Schopenhauer...mais que l’occasion de lire Kierkegaard ne lui fut pas donnée !
Voilà! Ce texte, apparemment très savant, nous pouvons le lire dans Temps et récit III ( Le temps raconté ). Page 135.
Mais ce temps raconté-là ... nous raconte des histoires ! Relisons simplement les trois dernières lignes. Il est bien vrai qu’ une « dimension temporelle [...] est introduite en astronomie » et qu’elle « autorise à parler d’un âge de l’univers. » . Mais cet « âge » n’est pas « compté en années-lumières », pour la bonne raison que l’année-lumière ne mesure pas le temps, mais ... l’espace ! Tous les astronomes vous le diront :l’"année-lumière" désigne simplement la distance parcourue par la lumière en une année.) Sorry...
Miettes non-philosophiques
(Nobody is perfect )
Emporté par son élan passionnément « déconstructif » , Mme Jegstrup (Op. Cit. page 8 - in fine ) propose une liste de ."deconstructive philosophers " parmi lesquels on a la surprise de rencontrer - je cite : " ... Paul Ricoeur, Emmanuel Levinas, George Steiner, Sylviane Agacinski and Jacques Derrida ..."
Que vient donc faire notre vieux maître dans cette galère ?
Madame Elsebet Jegstrup est danoise d’origine :elle enseigne la philosophie à Elon University. Elle a organisé l’International Kierkegaard Forum qui s’est tenu à Augusta State University en Mars 2001. Le texte des différentes interventions a été publié en 2004 aux Indiana University Press .On peut considérer qu’il s’agit de la première présentation globale et systématique de l’approche « déconstructioniste » du corpus kierkegaardien. A ce titre en tous cas, il était utile et peut-être nécessaire d’attirer l’attention sur cet ouvrage.

Après une « Introduction » (écrite par Mme JEGSTRUP), on peut lire une dizaine d’articles, tous intéressants à un titre ou à un autre. Le plus impressionnant est incontestablement celui de JOHN D. CAPUTO, Either-Or, Undecidability, and Two Concepts of Irony: Kierkegaard and Derrida. On lira également avec intérêt l’article un tantinet provocateur de ROGER POOLE Reading Either-Or for the Very First Time, ainsi que celui de Mme JEGSTRUP: A rose by any other name... Nous avons également été très interessé par l’article de MARK DOOLEY : Kierkegaard and Derrida: Between Totality and Infinity .